Benoît Mercuzot

 

 

Ma jeunesse: libre et investie

C’est à Dijon, en Côte d’Or, que je suis né le 30 juillet 1962, dernier d’une fratrie de sept enfants. Après avoir vécu à Nancy, puis en région parisienne, j’ai commencé mes études à Paris : des études de science politique et de droit. Leurs premières années seront d’ailleurs essentiellement marquées d’investissements dans le monde associatif et les radios « libres », lesquels m’apprendront la curiosité d’esprit et l’intérêt des « parcours créatifs ». C’est finalement à Dijon que j’ai soutenu ma thèse de doctorat consacrée aux «saisines parlementaires du Conseil constitutionnel ». Un doctorat qui me fera recruter à Amiens, en 1991, pour y enseigner le « droit public ». Mon implication dans le milieu universitaire m’a ensuite amené à participer au Bureau de l’Université présidée alors par le regretté Bernard Risbourg, puis grâce à la confiance que m’ont témoignée mes collègues, à exercer les fonctions de Doyen de la Faculté de droit et de science politique, fonctions que j’occupe encore actuellement.

Mon engagement dans la vie publique

Une vie d’enseignant-chercheur faite de cours, de publications et d’administration de la Faculté, qui se trouvera bouleversée à l’occasion d’une rencontre avec mon prédécesseur à la mairie de Dury: lui, souhaitant « passer le flambeau », et moi, intéressé par la « chose publique » et ayant envie de m’investir pour la collectivité. C’est donc en 2001 que j’ai été élu maire de Dury… Devenu un élu au service de mes concitoyens, j’ai mesuré tout au long de mon mandat combien l’action politique locale pouvait changer « concrètement » les choses, à condition d’écouter, de dialoguer, de faire preuve d’une certaine obstination et de ne pas mesurer le temps à y consacrer. Grâce à ces deux fonctions, Doyen de la faculté de droit et science politique d’Amiens et maire de Dury, je me suis investi dans ces deux mondes qui font toute la richesse et la complexité d’une agglomération comme Amiens : les territoires en centre urbain et les petites communes alentours. J’ai pu en mesurer les atouts et les difficultés et, en tant que « conseiller d’Amiens Métropole », j’ai pris position sur les grands dossiers d’avenir en prônant toujours une action à la fois volontariste et pragmatique, m’opposant à toutes les formes de dogmatismes qui négligent l’intérêt commun et les préoccupations des habitants. En 2004, à l’initiative de Gilles de Robien, je prends la tête de la « Société d’économie mixte Amiens Aménagement » (SEMAA). Ce fut un challenge exaltant: mettre en oeuvre la stratégie de développement de la Ville et de la Métropole d’Amiens. Malgré les difficultés de toutes sortes, et grâce à des collaborateurs particulièrement investis dans leurs missions, nous avons réussi à faire de la SEM un outil performant au service de la Ville et de son rayonnement. L’ambition et la pugnacité ont en effet porté leur fruit : le Zénith, Gare la Vallée, les différentes ZAC en cours d’achèvement ou en pleine définition… Une expérience exceptionnelle qui me permettra de comprendre bien des mécanismes humains, techniques et financiers par lesquels une Ville peut évoluer.

Mon nouveau défi

2008 aura été un tournant malheureux pour Amiens et le début d’un nouveau combat politique pour moi. Les nouveaux élus ne mesureront pas ce qu’est la Métropole, composée de différentes communes : ils la découvriront avec leurs yeux de vainqueurs de la Ville d’Amiens ; ils en maltraiteront l’esprit et le fonctionnement ; ils piétineront le service public à force d’idéologie politicienne et sectaire, et ils oublieront leur engagement local pour n’en appeler qu’à la responsabilité de l’Etat. Au point que tout le monde en pâtit: Amiens comme les autres communes. Dans ces conditions, que faire ? Se replier dans «ma » commune en attendant des jours meilleurs ? Je ne pouvais m’y résigner. Avec d’autres collègues maires, nous n’avons eu de cesse de réaffirmer notre mission de «proximité », de dénoncer ce qui ne fonctionne pas, de refuser les mauvaises décisions … en bref, d’organiser un front d’élus libres, de ceux qui gèrent leur commune au quotidien, et qui sont soucieux d’ « une certaine idée de la Métropole » et qui refusent de se laisser «acheter » ou « intimider ». Aujourd’hui, la parole seule ne suffit plus. Il faut des actes.

C’est pourquoi, je pose ma candidature sur Amiens, car c’est à Amiens que se joue l’avenir de notre territoire : retrouver l’envie d’agir, de se développer en se débarrassant de l’idéologie, retrouver le goût de travailler ensemble pour notre ville. C’est cela qui me motive.