Journal de campagne (semaine du 24 juin)

Les gesticulations autour de Goodyear.

Les salariés de Goodyear ne peuvent que désespérer des élus locaux et nationaux qui s’occupent de leur sort.

pneuLa ville d’Amiens et la Métropole vont verser au Comité d’établissement une subvention totale de 50 000 euros pour « l’accompagnement des salariés ». Très bien. Mais sur le fond, il aurait mieux valu que la Métropole rentre en discussion avec la direction de Goodyear depuis bien longtemps déjà. Elle aurait peut-être pu participer avec d’autres à convaincre que l’investissement sur ce site de production valait la peine et tenter de rendre les relations avec les représentants du personnel plus constructives.

Il aurait mieux valu également, plutôt que de tenir des « Etats généraux de l’économie » en 2010 dont aucune idée n’a commencé à être mise en oeuvre, qu’elle définisse dès 2008 une politique de développement qui aurait pu commencer à porter ses fruits en 2013 … et offrir des perspectives de reclassement aux salariés de Goodyear.

Au lieu de cela, il ne reste plus à ces derniers qu’à s’en remettre à des actions en justice aux résultats forcément aléatoires et de toute façon provisoires. Car il y a longtemps que la question du chômage serait réglée si les juges avaient le pouvoir de décider de l’activité économique.
Malheureusement, les juges n’ont pas ce pouvoir … pas plus que les députés …

Car après les responsables amiénois, ce sont les députés qui se mettent à gesticuler autour de Goodyear. Une commission d’enquête est donc créée. Très bien. Elle pourra convoquer, contrôler sur pièces et sur place et les personnes qu’elle auditionnera prêteront serment. Très, très bien. Mais la Commission d’enquête pourra-t elle contraindre les dirigeants de Goodyear à rester s’ils veulent partir ? Evidemment non. Mais nous dit-on, la commission d’enquête pourrait aider les salariés à obtenir des renseignements qu’ils pourront faire valoir en justice … laquelle justice ne fait pas l’économie …

151811183

Il serait donc utile que les uns et les autres arrêtent de gesticuler. Il serait temps que le Ministre du redressement productif dise si un repreneur est envisageable pour Goodyear et que les élus amiénois responsables engagent enfin une politique de développement industriel pour Amiens.

Sur ce dernier point, il faudra attendre 2014.

 

Le FN en ligne de mire.

Chacun s’interroge sur les résultats du Front National aux prochaines municipales. Le contexte national, la disparition du paysage politique local de deux figures structurantes: Gilles de Robien et Maxime Gremetz. Autant d’éléments qui alimentent les interrogations et les craintes.
Mais doutes et craintes ne font pas une politique.

S’agissant des craintes, constatons d’abord que le vote FN est traditionnellement moins élevé dans les grandes villes que dans les campagnes.
Constatons ensuite que l’enjeu des élections municipales est bien concret: il concerne la vie quotidienne, la démocratie locale, la qualité de vie, le développement économique. Le discours du Front National ne s’intéresse pas à tout cela et les électeurs ne s’y trompent pas.

Et affirmons des convictions plutôt que d’exposer des doutes:

– Aucune alliance n’est possible avec le FN
– Il ne faut accepter aucune leçon du PS qui, comme au vieux temps de la Mitterrandie, se fait complice objectif du vote FN qu’il a intérêt à voir s’amplifier et entonne un discours faussement indigné dès que la question du traitement de l’immigration est posée.
– Si des électeurs se laissent tenter par le vote FN, c’est d’avantage pour protester contre « l’establishment » que par adhésion à une idéologie.

76132124Dans ces conditions, j’ai la conviction que:
– plutôt que de tenir un discours idéologique maintes fois éprouvé désignant des responsables présumés à toutes nos difficultés, il est plus efficace de tenir un discours rassembleur, appelant chacun à assumer ses responsabilités et à se « retrousser les manches ».
– la candidature d’un élu local connaissant le quotidien des habitants pour le partager, et ne briguant ou n’exerçant aucun mandat national, est apte à retenir l’attention des électeurs tentés par un vote de protestation contre les élites politiques.

Benoît Mercuzot