La police municipale veut jouer son rôle

En souffrance, la police municipale d’Amiens attend des élus des engagements clairs. Benoît Mercuzot entend lui redonner un rôle plein et entier.

P1140911bdEcouter avant de proposer. Le principe que défend Benoît Mercuzot a trouvé sa parfaite illustration mercredi sur le thème de la sécurité dont la police municipale est l’un des piliers. Quelles missions ? Quels moyens ? Pour répondre à cette question le candidat à la mairie d’Amiens avait réuni autour de cette table ronde Frédéric Foncel, président du Syndicat National des Policiers Municipaux-FO, Alain Melcus, secrétaire général de l’Union Régionale CFTC, Stéphane Legrand et Mathieu Volant, délégués régionaux SNPM-FO. Pas plus que les autres villes, Amiens n’échappe à l’insécurité et au sentiment qu’elle engendre et qui aboutit quelques fois à des comportements irrationnels. Or, il revient au maire de mettre en œuvre une politique de sécurité qui doit dissuader la commission des infractions et le cas échéant, aider à poursuivre ceux qui commettent de tels actes. Est-ce la voie qui est suivie à Amiens ?

Un audit commandité par l’actuelle majorité révèle que la police municipale va mal. Ce malaise, les représentants syndicaux l’expliquent par un manque de consignes claires. Les policiers municipaux se sentent frustrés de ne pouvoir remplir leur mission. Ainsi, ils n’auraient pas le droit d’intervenir en flagrant délit comme l’a illustré un reportage de la P1140900bdchaîne M6. « Le rôle de la police municipale n’est pas de jouer avec les enfants des quartiers, mais d assurer une police de proximité sans avoir besoin de la gendarmerie ou de la police nationale pour intervenir comme lui ordonne la loi » soutient Frédéric Foncel.  Cette souffrance se manifeste par plus de 30 % d’absentéisme dans les rangs des 80 policiers municipaux d’Amiens. Le recours systématique à un encadrement de la police municipale puisée dans le corps de la gendarmerie ou la police municipale nationale témoigne d’un manque de confiance des élus dans leur police municipale. Au point que les représentants syndicaux n’hésitent pas à mettre en cause la légalité de telles dispositions. Les policiers municipaux se sentent parfaitement formés pour remplir leur mission, formation supérieure dans bien des domaines comme la manipulation des armes, affirment encore les syndicats. A Amiens comme dans de nombreuses villes, le maire répugne a demandé cette autorisation de port d’arme au P1140902bdpréfet. « Si un policier non-armé est victime d’une violence avec arme, nous n’hésiterons pas à demander à la justice de poursuivre un maire, » avertit Frédéric Poncel avant de lancer : « la police municipale n’est pas une police au rabais. Elle doit avoir les mêmes moyens que la gendarmerie et la police nationale pour assurer sa mission ». Même si l’actuelle majorité municipale semble évoluer sur la vidéo-surveillance après cinq années d’atermoiement par idéologie, tout le monde s’accorde à dire que les 48 caméras installés essentiellement sur le centre ville ne suffisent P1140912bdpas. L’investissement et l’entretien représentent un effort certain mais la vidéo surveillance a fait ses preuves comme à Nice. On estime à 800 délits résolus par an grâce au maillage de 800 caméras. Les représentants syndicaux plaident pour un meilleur partenariat entre les polices pour améliorer l’efficacité du système. Nul doute que la sécurité sera l’une des priorités du futur maire d’Amiens.

P1140893bdFaudra-il-encore remobiliser la police municipale. Leur donner une mission claire avec les moyens qui en découlent, nommer à sa tête des hommes de qualité, considérer la police municipale comme une véritable police de proximité: ce sont les engagements que Benoît Mercuzot a énoncés à l’issue de cette table ronde.