Saint Maurice au quotidien

Saint-Maurice n’est sans doute pas le quartier le plus chaud en matière de sécurité. Qu’importe, Emilie Thérouin, adjointe chargée de la sécurité et de la prévention des risques urbains et Etienne Desjonquère, 1 er adjoint en charge de la démocratie locale, avaient choisi mardi soir la salle Bizet pour présenter les plaquettes de la municipalité afin de promouvoir le « bien vivre ensemble ».

Bilan et rôle de la police municipale, intervention des médiateurs sociaux, la machine semblait bien rôdée jusqu’à ce que Cédric Daulny, le président du comité de quartier Saint-Maurice ne donne la parole à la salle.

157190970Et très vite entre les statistiques de la délinquance, les normes administratives et le quotidien des habitants, il existe un fossé. A l’assurance du chef de la police municipale qui soutient un délai de 8 jours pour délacer une voiture ventouse, un habitant rétorque qu’un véhicule, les quatre pneus crevés, est immobilisé depuis 18 mois au grand dam des riverains et malgré de multiples appels auprès de la police municipale « Faut-il y mettre feu nous-mêmes pour que les choses bougent ? » interpelle l’habitant qui n’a pourtant pas le look d’un « sauvageon ». Plus sérieux, un autre riverain remarque qu’une voiture en fourrière à la même valeur qu’en fourrière quelque soit les problèmes liés à une succession. Promis juré, le problème sera réglé. « C’est quand même incroyable qu’il faille attendre une réunion publique pour trouver une solution » déplore un autre habitant. Autre grief l’absence de patrouille de police municipale après 22 heures dans les jardins communaux, heure à laquelle les vandales s’en donnent à cœur joie. S’adressant au directeur de la police municipale, un habitant, féru de statistique, constate que le bilan de l’îlotage affiche 832 heures en 2011, soit plus de 21% par rapport à l’année précédente : « mais ça ne fait que 104 jours de présence policière par an dans le quartier ! » Les 30% d’absentéisme constaté dans les rangs des 146 agents la police municipale expliquent sans doute cela. Les incivilités rythment la vie du quartier. Mais ce que déplorent les habitants c’est le manque de réactivité. Ainsi une dame se plaint de la casse de la moitié des lampadaires dans le Bois Bonvallet dû au vandalisme. Malgré plusieurs appels, baladée de service en service, elle affirme attendre depuis un an une réponse, au mieux une intervention. A la frontière entre la sécurité et la propreté, le problème récurent des crottes de chien, empoisonne la vie du quartier : « Avant les motos crottes passaient tous les jours » se souvient un habitant. Les habitants égrainent leurs doléances : problème de nuisance à la sortie de la discothèque du Millénium, dépôt d’ordure sauvage, conflits de voisinage… Curieusement aucun relevé de cambriolage. Au point qu’Emilie Thérouin se sentira obligée de mettre en garde les habitants.