L’impôt de trop ? A tout le moins, l’impôt en trop !

De toute évidence, les citoyens que nous sommes en avons assez les uns et les autres de voir la facture fiscale s’alourdir sans qu’un résultat tangible ne soit à portée de main. L’action publique, bien sûr, il en faut, nous en sommes tous persuadés, mais pas n’importe comment et pas au point de remettre en cause les activités privées, créatrices de richesse et d’emplois.

81896425Ce qui est vrai au niveau national ne l’est pas moins au niveau local.

Et au niveau local, l’augmentation brutale de la Contribution des entreprises (CFE) acquitée par les petites unités économiques (entre 100 et 250 000 euros de chiffre d’affaires), pourrait être la goutte d’eau …

Certes, les entreprises ne paient plus cet « impôt imbécile » qu’était la taxe professionnelle et du coup, l’impôt a été reporté avec d’autres modes de calcul sur l’ensemble des opérateurs économiques et même sur ceux qui étaient jusque là épargnés. Certes encore, l’augmentation brutale de le CFE ne concerne qu’une petite partie des entreprises et elle résulte sans doute plus d’une erreur d’appréciation des conséquences d’une délibération technique que d’une volonté d’assommer les petits entrepreneurs.

Il n’empêche: l’augmentation est bien là, l’erreur a bien été commise ! Et plutôt que de chercher dans la suppression de la taxe professionnelle, c’est-à-dire « chez les autres », la cause de cette augmentation, l’élu en charge des finances de la Métropole et de la Ville serait mieux inspiré de reconnaitre son erreur, de s’en excuser d’abord et de tenter de la réparer ensuite.

Mais ces excuses ne viendront pas pour deux raisons au moins:

La majorité sortante ne pense pas, au fond d’elle même, que l’impôt ne doit être prélevé qu’avec précaution et discernement. Non, pour elle, l’impôt est l’argent des autres, quelquefois même l’argent des « riches » que l’on peut donc aller chercher sans scrupule ni retenue. La preuve ?

136494921 (1)En 2011, et malgré les promesses du Maire/Président qui ne se représente pas, elle a voté une augmentation des impôts de 8 millions d’euros. 8 millions d’euros auxquels chacun des ménages, chacune des entreprises de la Métropole ont contribué. Pour faire quoi ? Développer l’économie ? rendre Amiens visible de l’extérieur de la Picardie ? Développer le réseau de fibre optique ? Rien de tout cela.
Plutôt que d’investir dans l’enseignement, la majorité s’est contentée d’investir dans les murs de la Citadelle qui certes accueilleront l’Université, mais pas mieux, pas moins bien qu’elle n’est aujourd’hui accueillie au Campus.
Plutôt que d’investir dans les modes de déplacements du futur, elle s’apprête à investir lourdement dans un mode de déplacement lourd qui risque fort de se montrer inadapté à nos besoins. La majorité sortante se conduit sur ce sujet comme si, à la tête d’un territoire en retard en matière de télécommunication, elle investissait dans le téléphone filaire plutôt que de passer directement au téléphone cellulaire !
Et parce qu’elle ne veut pas admettre que son entêtement entraînera des impôts nouveaux, elle n’hésite pas à mentir de manière éhontée (voir le bilan de la concertation dont le JDA de cette semaine donne un écho très partial) et à prétendre qu’aucune augmentation de la fiscalité des ménages n’est à craindre. C’est évidemment faux puisqu’un déficit du budget transport devrait être comblé par le budget général, donc par les impôts … des ménages.

185005105Et quoi qu’il en soit, le tramway devrait être financé par une augmentation, revendiquée celle-ci, du Versement Transport payé par les administrations et les entreprises. Mais pour la majorité sortante, faire payer les entreprises, c’est faire payer les riches. Sa vision du monde économique est à ce point archaïque que l’entrepreneur n’est pas un créateur de richesses et d’emplois. Non, elle le voit plutôt comme un profiteur qui s’enrichit sur le dos des salariés, de l’Etat et qu’il est donc juste de taxer aussi lourdement que possible.
La majorité sortante refuse de voir qu’un artisan, un commerçant travaille souvent plus de 12 heures par jour, six jours par semaine et que dans bien des cas, sa rémunération ne dépasse pas 1500 euros par mois. Elle ne sait pas, car elle refuse de voir, que dans la situation économique d’aujourd’hui, nombre de ces petits artisans et commerçants ne sont même plus en situation de se verser un salaire.

Dans ces conditions, oui vraiment, voir sa feuille d’imposition augmenter de 1 000 euros, cela vaut des excuses.
Cela vaut que la Collectivité réfléchisse à la manière de rectifier son erreur.
Cela vaut que les élus réfléchissent à deux fois avant de lancer des investissements.
Cela vaut en tout cas que les électeurs adressent une sanction à la majorité sortante qui ne veut rien entendre du sentiment de découragement qui frappe aujourd’hui le contribuable.

Benoît Mercuzot