Thierry Bonté, candidat du bilan

C’est donc chose faite, la majorité sortante a choisi son candidat.
Ou plutôt, la réalité oblige à considérer qu’une poignée de militants socialistes a choisi le candidat de la majorité sortante.
La seule chose incontestable dans ces deux affirmations et qui ne mérite aucune sorte de nuance, c’est que Thierry Bonté porte bien les couleurs de l’équipe sortante.
173798643Rien de plus naturel au fond pour celui qui depuis 2008, a toujours été vice-président de la Métropole, a toujours voté et défendu les choix (ou les non-choix) opérés par l’équipe à laquelle il appartenait.
Mais il a fait plus qu’être le soutien de la politique voulue par la majorité sortante, il a même fait plus encore qu’en être un pilier.
Il l’incarne au plus haut point. Tellement que sa parole d’élu et son (in)action  en portent toutes les caractéristiques.
Sa parole n’est jamais avare. Un peu monocorde, elle ne soulève pas la passion et tente d’emprunter les habits de la raison et de la sincérité. Bien mal avisé serait celui qui s’y laisserait prendre !
Un exemple très récent en est donné par le bilan de la concertation sur le tramway. Dans la présentation qu’il en a faite lors du conseil métropolitain de jeudi, le candidat vice-président a indiqué que cette concertation avait permis de « partager les connaissances » sur un dossier dont on peut reconnaître sans difficulté qu’il est techniquement et stratégiquement complexe.
On pourrait y voir une forme d’humilité si ce « partage de connaissances » était à double sens: de l’élu vers le public, et du public vers l’élu.
Il n’en est rien. Ce « partage de connaissances » n’est que l’expression de la condescendance de l’élu qui accepte du haut de sa grandeur à « partager les connaissances » et qui fait mine d’écouter les interrogations des administrés, en les écartant d’un revers de la main, pour ne pas les entendre.
185221898Chacun sait bien que l’une des craintes actuelles est de voir augmenter les impôts et que le tramway porte en lui même ce risque. La collectivité pourra-t-elle supporter le coût de cet investissement? Le coût actuellement annoncé est-il bien le coût réel ?
Plutôt que de répondre par des projections de budget, le bilan de la concertation élude « par le bas » la question: « Impact sur le budget des ménages: Aucun. Le tramway sera financé par le budget annexe transport, dont les ressources sont spécifiques à ce budget. Ce budget n’est pas alimenté par la fiscalité des ménages. Le tramway n’en occasionnera donc pas une augmentation. » C’est tout simplement faire l’impasse sur le fait que si le budget Transport ne peut assurer son équilibre, c’est le budget général donc les impôts des ménages qui seront appelés à la rescousse !
Le politique, guidé par une idéologie, s’appuie sur les techniciens pour mieux ignorer les interrogations légitimes des citoyens.
Son (in)action d’élu mérite de devenir légendaire tellement elle est criante et revendiquée par le candidat lui-même.
Dans son Conseil du 22 octobre 2009, Amiens-Métropole décide de confier la gestion de Mégacité à une société privée alors qu’elle était jusque-là assurée par Sagacom, une société d’économie mixte dont Amiens et Amiens -Métropole sont les actionnaires majoritaires. Pour justifier son choix, la Collectivité s’appuie sur l’analyse de la candidature dont elle estime qu’elle est tellement mauvaise qu’ « on en arrive à douter des compétences du candidat ou même de ses intentions à l’égard de la collectivité » (sic). La Collectivité dénigre la candidature de sa propre société pourtant dirigée par l’un de ses vice-présidents, Thierry Bonté. Assume-t-il la responsabilité de cet échec, lui qui dirigeait la société ? Pas du tout. Il commence par dire  » … qu’il y a des majorités, des votes à l’unanimité, des commissaires aux comptes, des experts comptables et qu’il faut être présent dans les conseils d’administration ». A le lire, la présence des élus est prévue par les textes mais c’est un exercice obligé et ce sont les autres qui prennent les décisions. 172206811Mais il va plus loin encore: « J’ai joué un rôle d’accompagnement. A aucun moment je n’ai participé aux négociations relatives au renouvellement de cette DSP. Je l’ai d’ailleurs fait volontairement et à la demande du président d’Amiens Métropole  … ».
Voilà bien un élu qui assume son (in)action: si la candidature de la société dont il était le dirigeant a été mauvaise, c’est de la faute des autres et d’ailleurs, s’il s’est tenu à l’écart de ce dossier pourtant vital pour la société, ce n’est pas tant de son propre chef mais à la demande du Président lui-même !
Thierry Bonté est donc l’incarnation même du bilan de cette majorité sortante … qu’il nous faut définitivement sortir en mars prochain !
Benoît Mercuzot